« Je représente la gauche solide et sincère » (LaNouvelleRépublique.fr 13.10.2011)

Interview de François Hollande à la NR-Centre Presse :  » J’ai l’ambition d’être le président dont la France a besoin dans les difficultés qu’elle traverse.  »

Epuisé par un entre-deux tours chargé, à quelques heures d’un dernier débat télévisé crucial ? François Hollande n’en montre rien, répond du tac au tac, détendu ; pugnace aussi. A l’heure de cette interview, Ségolène Royal n’a pas encore fait connaître le choix de son ralliement à son ancien compagnon.

Sur son rendez-vous télévisuel du soir (lire page précédente) le candidat Hollande confie simplement avoir planché au-delà des quatre thèmes retenus et espère pouvoir aborder également la politique étrangère et la défense… « Mon ambition : être le meilleur candidat pour battre Nicolas Sarkozy et écarter Marine le Pen. Être le président dont la France a besoin dans les difficultés qu’elle traverse. »

Vous attendiez-vous à une telle mobilisation pour ce premier tour des primaires ?

François Hollande : « Sincèrement cela a dépassé toutes mes prévisions. Réunir un million de votants sur mon nom était inimaginable, puisque nous pensions qu’un million de votants se déplaceraient. Peut-être un million cinq. C’est donc une belle réussite démocratique. Et je suis fier pour les militants socialistes qui ont organisé ce vote. Je ne les oublie pas ! »

Neuf points d’écart avec votre rivale : c’est confortable, mais est-ce suffisant pour l’emporter dimanche ?

« Près de 40 % des suffrages, neuf points d’avance, ce sont de bonnes conditions pour aborder le second tour. Mais c’est une autre élection qui arrive. Avec de nouveaux électeurs, des reports aussi. J’appelle de mes voeux un large rassemblement avec tous les autres candidats. Manuel Valls et Jean-Michel Baylet m’ont déjà rejoint. » (NDLR. : ils seront imités par Ségolène Royal une heure après l’entretien).

Quels gages allez-vous donner à Arnaud Montebourg ? Allez-vous répondre à sa lettre ?

« Oui, évidemment. Arnaud a fait un bon résultat. C’est lui, la surprise du premier tour. A nous de comprendre les motivations de ses électeurs. Répondre clairement aux attentes sur le rôle des banques, sur la mondialisation, sur la moralisation de la vie politique. Sur tous ces points, je me positionnerai sans rien perdre de ma cohérence. S’agissant de cette nouvelle République qu’il prône, je suis sensible à certains de ses arguments. Il faut une véritable indépendance de la magistrature ; une modification du statut pénal du chef de l’État aussi. Que notre République soit responsable. »

Quels gages donner aussi aux électeurs de Ségolène Royal ? Avez-vous été ému par ses larmes, dimanche soir ?

« Oui. Il y avait de l’émotion et je l’ai ressentie. Mais la connaissant, il faut d’abord parler à la femme politique dont l’influence va largement au-delà de son score. Elle doit avoir une place. Et être respectée. Pour ce qu’elle a fait en 2007. Et ses combats d’aujourd’hui. Ses électeurs sont très attachés à sa personne. Ils ont sûrement de la fierté, même s’ils sont déçus par le résultat de dimanche. »

Que répondez-vous à Martine Aubry qui vous présente comme le leader de la gauche molle ?

« D’abord, elle ne le dit pas franchement. Elle ne pourrait pas le dire devant moi. Il n’y a pas de gauche molle et de gauche dure. Il y a une gauche qui réussit. Et pour qu’elle réussisse, il faut qu’elle soit solide. Ferme sur ses grands engagements : la remise à niveau des finances de la France, le redressement de l’école, la réforme de la fiscalité.

« Solide et sincère. Il ne faut pas raconter des histoires aux Français. Être crédible. Je ne laisserai pas un débat prospérer sur les divisions entre les intransigeants et les gentils. Nous avons besoin de nous dépasser. Pas besoin d’être brutal, comme l’a été Nicolas Sarkozy. »

Comment réconcilier les deux camps, dimanche soir, notamment si le résultat est très serré ?

« Je souhaite que la victoire soit large. Pour que le candidat désigné en tire toutes les forces et toute la légitimité. Mais quoi qu’il arrive le rassemblement se fera. C’est une exigence pour la victoire en 2012. »

Pensez-vous, comme François Mitterrand, qu’une présidentielle se gagne au centre ?

« Au second tour de la présidentielle, il faut s’adresser à tous les électeurs qui hésitent encore entre la droite et la gauche. Et expliquer à ces Français-là que le risque de la continuité avec Nicolas Sarkozy sera bien plus grand que le risque du changement… »

Propos recueillis
par Christophe Hérigault

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